Easter II

Saint-Malo - la Corogne

Septembre 2019
Par Eloi
Ça y est le grand départ est arrivé. Après une dernière soirée où la boule au ventre ne m’a pas lâchée, on est partis le samedi 7 septembre, aux alentours de 13h, pour une première étape en direction de Camaret. Pour cette première étape mon père nous accompagnait durant une semaine. On avait pris la décision de s’abriter deux nuits sur la côte bretonne avant la grande traversée pour laisser passer un avis de grand frais annoncé dans le golf de Gascogne.  



Après le petit pot très sympa où la famille et les amis sont venus nous souhaiter bon vent, nous avons pris la mer sous un beau soleil, au près, avec 10 à 15 noeuds de vent. La mer était belle, enfin, on était partis ! La nuit arrivant nous nous sommes distribués les quarts de nuit, Martin de 21h à minuit, papa de minuit à 3h et moi de trois heure à 6h.  



Mon premier quart a été très agréable et rassurant, mais malheureusement au moteur, car le vent était tombé. La mer était belle et notre sillage illuminé par le plancton luminescent. Après mes trois heures de veille, je réveille Martin, me mets en pyjama et saute dans ma banette. Pas pour longtemps ! À peine vingt minutes après avoir fermé les yeux, Martin surgit dans ma cabine… Le point écoute de grand voile venait de casser net ! Ni une ni deux, je saute dans un pantalon enfile ma brassière et nous prenons un ris dans la grand voile. On réparera ça plus tard. La fin de la nuit a été calme et nous nous sommes réveillés accompagnés des dauphins, mais toujours au moteur.

Notre première étape s’est achevé vers 20h le dimanche soir avec un passage du four poussé par le courant, et sous spi !

Nous décidons de passer deux nuits à Camaret, nous repartirons mardi dans la matinée, après le passage du coup de vent, pour notre première grande traversée. Nous profitons de ces deux jours pour ranger le bateau, nettoyer et faire quelques réparations, point d’écoute de la GV, programmation de l’AIS et ajustage du pilote automatique, qu’on espère utilisable pour le golfe de Gascogne (en réalité il ne le sera toujours pas) .

Nous avons donc passé deux jours, sous la pluie, le vent et le froid… Vivement le sud.
Le mardi midi, nous reprenons la mer direction la Corogne. 350 miles devant l’étrave, nous prévoyons trois jours de navigation et une arrivée vendredi dans la matinée.

La première après-midi est passée à une vitesse folle, au sens propre ! Encore une fois accompagnés par les dauphins, nous avons tenu plus de sept noeuds de moyenne sur les premières douze heures, avec des surfs à presque 10 noeuds, avant que le vent ne retombe pendant la nuit. Nous avons croisé cette nuit la quelques bateaux de pêcheur, cargos et également deux voiliers. 


Je me réveille le mercredi matin vers 11h30, après avoir passé un quart de nuit paisible (toujours de 3h à 6h) et prends mon petit déjeuner avec Papa. Martin qui a fini son quart à 9h dort encore dans sa cabine. Papa m’indique qu’il vient de voir un thon sauté. Je grée la ligne que nous avons achetée avant de partir en espérant en pécher un ! Prétentieux selon mon père !

On prépare ensuite la salade pour le midi, on réveil Martin et on partage un repas bien agréable. On range tout, fait la vaisselle et je sors mon bouquin. Papa part à la sieste et Martin décide de remonter la ligne. Surprise, un petit thon a mordu ! Et depuis un bout de temps sûrement parce qu’il n’est plus très vif quand nous le remontons à bord. Super, le repas du soir est tout trouvé !

La deuxième nuit se passe comme la première, calme, mais cette fois-ci partiellement au moteur. Peu de vent en début de nuit, puis vers trois heure, le vent semble se lever. Depuis ma cabine, j’entends le génois se dérouler, je me retrouve projeté de l’autre coté de mon lit, le bateau gîte bien. Pas de doute possible… Papa vient de prendre son quart, ça ne peut être que lui le responsable de ce réveil un peu brutal !
Le vent se lève au fur et à mesure de la journée du jeudi, 10 noeuds, puis 15, puis 20… le bateau file à toute allure, finalement l’arrivée ne se fera pas vendredi matin mais plutôt jeudi en début de nuit. Avec encore des moyennes à plus de 6,5 noeuds, et même plus lorsque l’on arrive vers les côtes espagnoles ou le vent monte à 25/30 noeuds. Nous surfons à plus de 10 noeuds en direction de la Corogne que nous atteindrons à 23h. Surprise, on retrouve notre voisin de ponton Vincent (cousin de Papa), Anne-Laure et Léa sur Earlybird 8 arrivés la veille.

On passera la journée de samedi au calme au port et on partagera notre pêche avec l’équipage de Earlybird 8 (ils partagent leurs bières et rosé, c’est équitable), qui nous ont invité à bord pour le déjeuner. Lucas, notre nouvel équipier est arrivé. Papa est reparti dans l’après midi pour Londres, puis Dinard…. Puis finalement pour Lyon après des vols annulés et une nuit dans les couloirs de l’aéroport.


Bilan de cette traversée, on a eu beau temps, on a vu beaucoup de faune : les dauphins tous les jours, des globycéphale, et même une baleine ! Péché un thon, rien cassé alors que nous avons eu des conditions un peu forte sur l’arrivée et que, peut être un peu pressé d'être au port, on a pas hésité a tirer sur le bateau. Le temps en mer est bon, on lit, on dort, on prépare à manger, on pense, on discute…. Que du positif.

Nous allons rester quelques jours à la Corogne pour visiter, manger des tapas et boire de la sangria. On repart lundi ou mardi, on n’a pas encore défini la destination, on verra.